Sarah Mac Coy

Surnom Sarah Mac Coy
Prénom Sarah Mac Coy

Portrait de la phénoménale pianiste-chanteuse américaine Sarah McCoy, ou Nina Simone réincarnée en punk à chien.

"Des chansons venues de sous les ponts, des fourrés et des fossés”, chante Sarah McCoy sur Merry Go Round. Les chansons de sa vie. Pendant deux ans et quelques, Sarah McCoy a vécu sur la route. A 20 ans, jamais remise de la mort de son père cinq ans plus tôt, elle lâche tout. “Je me foutais d’être là ou ailleurs.” De la Caroline du Sud vers la Californie (Monterey, où elle vit dans son camion), puis La Nouvelle-Orléans, music-city tragique et folle où elle débarque il y a quatre ans en plein mardi gras, avec ses chiens et sa meilleure amie (Alyssa Potter, qui l’accompagne sur scène).

En France, on a découvert Sarah McCoy au festival Les Nuits de l’alligator : énorme coup de coeur pour cette pianiste-chanteuse exubérante et fulminante, tempête vocale accrochée à son piano comme à une planche de salut, avec de la rage dans les yeux. Après le concert, elle déambulait dans la salle, pieds nus, une bouteille de whisky à la main, un grand sourire aux lèvres.

Broussailles de dreadlocks décolorées, piercings, tatouages, physique forain et visage comme un masque de tragédie grecque, Sarah McCoy ressemble finalement à sa musique : du blues de bordel, du ragtime des bas-fonds, du jazz sauvage et des valses étourdies. Rien de nouveau sur le fond – cette musique pourrait avoir un siècle, cri primal d’un jazz pas encore bien élevé – mais une débauche d’énergie, de sensations fortes et d’émotions totalement hors normes.

Sa voix, toujours dans le rouge, évoque Janis Joplin, Aretha Franklin, Nina Simone, Tom Waits, ce genre d’ogre paroxystique. Son premier vrai album est en cours d’enregistrement, avec son groupe de La Nouvelle-Orléans et les Limiñanas de Perpignan.

Un morceau est déjà sur internet, Beautiful Stranger, et c’est une tuerie, un tapis rouge déroulé sous les semelles de la reconnaissance.

“Depuis des années, un truc me suit : je regarde ce qu’il y a au-dessus de moi quand je m’endors. D’abord, les étoiles quand je dormais dehors dans un sac de couchage. Puis un pont. Puis un immeuble abandonné. Puis un camion. Puis une maison, puis une autre plus grande. Puis le plafond d’une chambre d’hôtel en France. Holy fuck… Ça a marché, encore mieux que ce que j’espérais !”

Source : Les Inrocks

https://www.lesinrocks.com/2015/02/16/musique/sarah-mccoy-portrait-dune-magnifique-ogresse-11561514/

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