VIVE LA CRISE


25 novembre 2019

Bordeaux a remporté un succès important sur fond de contestation des ultras à l’égard de King Street, le principal actionnaire.

b92f1b02-e949-4089-8fed-1d70ff25eb61.jpg (104 KB)

????Romain Perrocheau/ L’Équipe

1421dd95-ed73-4ad0-bc2a-5e1621340ddd.jpg (4 KB)

BORDEAUX – Au moins sportivement, tout va bien. Bordeaux a remporté, hier après-midi, un match qui en dit beaucoup sur sa force de caractère. Entre la cascade de forfaits qui a décimé son effectif, l’ouverture du score de Slimani (15e) et la grogne des ultras, il fallait être costaud, mentalement, pour enchaîner un troisième match sans défaite en Championnat et s’inviter dans le haut du classement.

Le mérite des Girondins est d’autant plus grand que pendant la première période, l’ambiance n’invitait pas forcément au dépassement de soi. Comme prévu, le principal groupe de supporters bordelais, les UB87, a monté le curseur d’un cran dans le conflit qui l’oppose à la direction. Après avoir réclamé la tête du président délégué, Frédéric Longuépée, et du directeur de la stratégie commerciale stade et réseau, Antony Thiodet, ces dernières semaines, ils s’en sont aussi pris, hier, à l’actionnaire majoritaire, King Street. « 80 % des parts et visible nulle part », lui ont-ils notamment reproché sur l’une des deux banderoles déployées au pied du virage sud. Un message assorti d’une grève des encouragements pendant une mi-temps. « Mais ils ont été avec nous ensuite, a voulu retenir l’entraîneur Paulo Sousa. Ça montre qu’ils sont avec l’équipe. »

Alors que les relations entre King Street et l’autre actionnaire, General American Capital Partners, battent aussi de l’aile, jusqu’à quand cette situation sera-telle tenable ? « On ne fait pas gaffe à ça », a juré Loris Benito sans que l’on puisse lui opposer un argument contraire : même lors-qu’elle n’aligne qu’un défenseur central de métier (Pablo), que son avant-centre (Briand) se blesse durant l’échauffement et que dans son onze figure la surprise Cafu (voir par ailleurs), Bordeaux continue de faire face aux vents contraires. « Ce match a montré quelque chose de différent parce qu’on avait quatre, cinq absents, a souligné Pablo. Ça montre qu’on est vraiment un groupe. » Une notion sur laquelle Sousa avait précisément insisté avant le match.

Pas d’ambitions exprimées par Sousa

En conférence de presse, le Portugais a pris le temps de distribuer les bons points, en prenant le soin, aussi, de ne pas monter Bordeaux trop haut. Les ambitions, il les laisse à des équipes comme Monaco et « ses 180 millions d’investissements en transferts ». Lui s’intéresse au jeu, et ce qu’il a vu hier lui a donné satisfaction. Même s’il continue de s’appuyer sur un vrai savoir-faire sur phases arrêtées – Pablo a égalisé sur corner (29e), De Préville a inscrit le but de la victoire sur penalty (69e) – Bordeaux n’a jamais dérogé à ses principes de jeu. Pour ne rien gâcher, sa solidarité défensive a été exemplaire, même s’il a également fallu un très bon Benoît Costil pour empêcher les Monégasques de repartir avec un meilleur résultat. « L’égalisation nous a mis dans de bonnes dispositions, a estimé Aurélien Tchouaméni. À la mi-temps, on ne doutait pas. Et en seconde période, on a encore élevé notre niveau de jeu. »

La sentence aurait-elle été la même si Slimani n’avait pas été expulsé (67 e , voir par ailleurs) ? Jardim semble le penser mais, pour être franc, les Bordelais avaient d’autres chats à fouetter. À commencer par le déplacement de samedi à Reims, les cinq matches qui les séparent de la trêve devant, en théorie, en dire un peu plus sur le classement auquel ils pourraient prétendre en fin de saison. Sousa, lui, continue de prôner l’union : « C’est important qu’il y ait une alchimie avec les supporters pour avoir une énergie positive et continuer à gagner. » Le temps dira s’il a été entendu… ou pas. É

7

Le nombre de buts sur lesquels Nicolas De Préville est impliqué cette saison en Ligue 1, avec 4 buts et 3 passes décisives.

C’est plus que tout autre joueur bordelais.

Il effectuait par ailleurs son 200e match dans l’élite hier. Opta

tops

Costil 7/10 Ses deux parades devant Ben Yedder (45e + 1) et Bakayoko (72e) ont pesé lourd, alors qu’il avait été impuissant sur l’ouverture du score (15e). De nouveau impérial devant Bakayoko finalement hors jeu (75e), il est resté vigilant jusqu’au bout (79e).

Tchouaméni7/10  En l’absence d’Otavio, le jeune milieu a confirmé qu’il prenait de plus en plus d’épaisseur. Il a colmaté les brèches, montré beaucoup d’impact dans les duels mais aussi d’aisance balle au pied. Il aurait pu marquer d’une jolie volée sur laquelle Lecomte s’est interposé (44e).

De Préville 7/10 Parfois dans l’à peu près, à l’image d’un ballon chipé dans les pieds de Badiashile, qu’il n’est pas parvenu à bonifier (38e). Mais il a aussi posé énormément de problèmes aux Monégasques, souvent contraints de faire faute. Passeur décisif (29e) et buteur, sur penalty (69e).

flops

B. Badiashile 3/10 Le capitaine de l’équipe de France des moins de 19 ans a été le défenseur monégasque le plus en difficulté. Sur l’égalisation, il a été trop distant de Pablo (29e). Puis il a perdu un ballon aux abords de sa surface, mal négocié par De Préville (38e)

Maripan 4/10 L’ancien joueur d’Alavés a surtout été sollicité dans les airs, où il a gagné moins de la moitié de ses duels (3/7). S’il est bien revenu pour contrer une incursion dangereuse de Hwang (19e), il n’a pas dégagé assez de sérénité.

G. Martins 4/10 L’ailier portugais, reconverti piston, a comme souvent utilisé sa vitesse pour faire des différences. Mais cela n’a pas suffi. Il a été trop tendre et maladroit dans les duels. Remplacé par Aguilar (70e), pas plus en vue.

S. Bo.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL EMERY TAISNE

source : L'equipe

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article